Montigny

Église Saint-Ouen

L’origine du nom de cette commune provient de Montanus, personnage romain, nom auquel s’ajoute le suffixe latin de propriété, acu, soit la propriété de Montanus. On retrouve en 1269 le nom de Montignaiacum, donné par les moines de Saint(Georges à une partie de la terre qui vient d’être défrichée. Les Emmurées reçoivent de saint Louis soixante acres de terre pour cultiver le sol et y établir une grange, avec droit à perpétuité d’y élever trente vaches et deux cents moutons. Au Moyen Age, l’industrie textile est attestée et les tisserands reçoivent le privilège d’utiliser le bois de hêtre pour fabriquer leurs métiers ; les habitants pouvaient aussi chasser les perdrix au filet, contre une redevance de quatre deniers par filet. En 1507, le fief est vendu à Guillaume le Vieille, grainetier à Rouen, qui prend le titre de « seigneur de Montigny » ; un titre de fief lui est acquis contre une rente annuelle de cinquante sous payables au prieuré Saint-Michel du Mont-Gargan.

L’église est dédiée à saint Ouen, archevêque de Rouen d’après Tougard et Bunel (1879), et à saint Martin d’après le procès-verbal dressé lors de la visite de la CDA du 11 mars 1964. Elle aurait succédé à une chapelle dépendant du château, devenue église paroissiale. Le patron était le seigneur du lieu.

La nef et une partie du choeur datent du XVIe siècle. l’autre partie du choeur et le clocher polygonal remontent aux XVIIe et XVIIIe siècles. La CDA regrette dans le procès-verbal cité ci-dessus qu’un porche moderne défigure le pignon ouest. Les boiseries qui font la fierté des habitants datent de l’époque de Louis XV et ont été reprises en 1860.

Sue le mur extérieur sud de la nef, on note la présence de nombreux graffiti de navires.

Le retable est d’époque fin Louis XIV – début Louis XV. Il se compose d’un seul panneau, de forme incurvée, limité par deux pilastres. Le fronton est cintré, ses extrémités étant ornées de deux pots à feu ; au centre, deux figures d’anges émergent d’une nuée. La toile représente l’Annonciation ; l’ange Gabriel tient une colombe et un lys, symboles de la virginité de Marie. Ce retable se dresse au-dessus d’un autel en forme de tombeau. Le tabernacle présente d’élégantes formes arrondies.

Les vitraux sont de l’époque Henri IV sur la muraille et au-dessus de la porte d’entrée pour la « Piéta » ; Les autres vitraux (saint Ouen, saint Mathurin, saint Roch et saint Nicolas) datent de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècles ont été récemment restaurés. On doit en particulier à Etienne Delaulne un vitrail d’abord destiné au château, dont les médaillons ovales représentant les mois de l’année et les signes du zodiaque ont été vendus au Musée départemental des Antiquités de Rouen en 1900. Un autre montre le Christ au Jardin des Oliviers, au milieu de feuilles d’acanthe, dans un paysage à l’italienne, avec pour fond une ville en grisaille. Au-dessus de la porte, un autre vitrail représente une piéta entre deux médaillons figurant l’un la crucifixion, l’autre sainte Catherine.